#ChallengeAZ Les plumes de la Grande Guerre : Z comme Zweig

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Pour finir en beauté cette cuvée 2018 du #ChallengeAZ, intéressons-nous à l’écrivain, essayiste et biographe Stefan ZWEIG. Évidemment !

 

Les origines

Né le 28 novembre 1881 à Vienne, il est le fils de Moritz Zweig (1845-1926), un riche marchand de tissus originaire du margraviat de Moravie et d’Ida Brettauer (1854-1938), issue d’une famille de banquiers de la région d’Ancône, en Italie.

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Ida et Moritz Zweig (1878). Source : https://www.geni.com/people/Moritz-Zweig/6000000006837354463

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Acte de naissance de Stefan Zweig le 28 novembre 1881 à Vienne en Autriche. Source : Austria, Vienna, Jewish Registers of Births, Marriages, and Deaths, 1784-1911, vue 135/261, acte 1968

 

Bien que ses parents soient juifs, Stefan Zweig reçoit une éducation strictement laïque. Son frère aîné Alfred et lui grandissent dans un milieu bourgeois, la famille Zweig appartient à l’époque à ce qu’on pourrait appeler l’élite de l’empire des Habsbourg.

Élève au Maximilian Gymnasium de Vienne, il obtient son baccalauréat en 1900 mais gardera un souvenir douloureux de ces années  de lycée qu’il décrira plus tard « comme un bagne ».

À l’université de Vienne ensuite, il étudie la littérature et la philosophie.

 

 

C’est à cette époque qu’il commence à écrire des poèmes, dont certains seront très vite publiés, en 1901, dans un recueil Les Cordes d’argent. Il publie dans le même temps nouvelles et essais dans des journaux viennois tels que Die Welt et Die Neue Freie Presse. Il est un grand admirateur de Rilke et de Verlaine.

Ses premiers écrits rencontrent un certain succès auprès du public et il songe alors à embrasser une carrière d’écrivain. Il embarque pour l’Allemagne et la Belgique où il découvre de nouveaux talents du monde littéraire et culturel. Au cours de ses voyages, il continue d’écrire des poèmes, pièces de théâtre et des traductions.

Stefan Zweig revient ensuite à Vienne pour soutenir sa thèse sur le philosophe français Hippolyte Taine. Il obtient son doctorat en philosophie en 1904.

Par la suite, il poursuit sa découverte de l’Europe à travers de nouveaux voyages à Berlin, Londres, Paris et Bruxelles. Il se rend également en Inde et en Amérique du Nord.

En 1910, il fait une rencontre capitale : Romain Rolland, écrivain français humaniste et pacifiste qu’il va considérer comme un maître. Il est effectivement fasciné par Rolland et une correspondance abondante entre les deux hommes sera retrouvée et publiée après le décès de Stefan Zweig.

Il fait la rencontre de l’écrivaine Friderike Maria Burger en 1912, elle est à l’époque déjà mariée et mère de deux filles. Elle divorcera de son mari en 1914 et épousera Stefan Zweig en 1920.

 

 

La guerre

Lorsque la guerre éclate, Stefan Zweig est mobilisé mais comme il n’est pas jugé apte à se rendre au front, il est affecté aux services des archives militaires.

Au tout début de la guerre, Zweig est lui emporté par l’enthousiasme et le sentiment patriotique qui animent son pays l’Autriche. Certains articles qu’il rédige montrent clairement qu’il prend en 1914 fait et cause pour l’Allemagne. Mais très vite, il retrouve à l’aide de Romain Rolland ses premiers engagements contre la guerre, son altruisme et ses idéaux européens.

Bien qu’affecté dans un service administratif, Zweig est envoyé au front en Pologne afin de recueillir des chiffres et des documents. Il se rend compte du nombre considérable de morts et de blessés engendrés par la guerre, ce qui ne fait que renforcer son pacifisme retrouvé. Il prône alors l’unification européenne à une époque où les nationalismes sont exacerbés.

Après la guerre, Stefan Zweig revient en Autriche où il décide finalement de s’installer avec sa femme et les deux filles de cette dernière.

 

Dans les années 20, il se consacrera exclusivement à la littérature, aux voyages et à la rencontre d’artistes à travers toute l’Europe. La célébrité arrive bien vite avec notamment son œuvre Amok en 1922 et elle ne cessera de grandir avec les années qui suivront. La confusion des sentiments publié en 1927 connaîtra un grand succès.

Parallèlement, il entreprend un gros travail de traductions d’ouvrages étrangers qu’il affectionne surtout des recueils de poèmes d’auteurs français tels Baudelaire, Verlaine, Rimbaud… C’est également un grand collectionneur d’œuvres manuscrites, de partitions, d’autographes et de portraits d’écrivains.

 

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Stefan Zweig. Source : http://lireclassique.canalblog.com/archives/2018/02/18/35971086.html

 

La Seconde Guerre mondiale le contraint à l’exil d’abord en Angleterre puis vers l’Amérique.

Désespéré par les horreurs de la guerre et le monde qui s’écroule autour de lui, Stefan Zweig se donne la mort le 22 février 1942 à Petrópolis au Brésil, en compagnie sa seconde femme, Charlotte Elisabeth Altmann dite Lotte.

 

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Stefan et Lotte. Source : http://lireclassique.canalblog.com/archives/2018/02/18/35971086.html

 

 

Le jour précédent son suicide, il fait parvenir ses mémoires à son éditeur sous le titre Le monde d’hier, souvenir d’un européen, dans lesquels il écrit :

Et de fait, rien ne rend peut-être plus palpable l’énorme régression dans laquelle est entrée l’humanité depuis la première guerre mondiale que les restrictions apportées à la liberté de mouvement des hommes et à leurs libertés.

Avant 1914, la terre appartenait à tous ses habitants. Chacun allait où il voulait et y restait aussi longtemps qu’il voulait. Il n’y avait pas de permissions, pas d’autorisations, et cela m’amuse toujours de voir l’étonnement des jeunes lorsque je leur raconte qu’avant 1914, je voyageais en Inde et en Amérique sans avoir de passeport et même n’en avais jamais vu aucun. On montait dans le train et on en descendait sans rien demander, sans qu’on vous demandât rien, on n’avait pas à remplir un seul de ces centaines de papiers qu’on réclame aujourd’hui. Il n’y avait ni permis, ni visas, ni tracasseries ; ces mêmes frontières qui, avec leurs douaniers, leur police, leurs postes de gendarmerie, sont aujourd’hui transformées en réseau de barbelés en raison de la méfiance pathologique de tous envers tous, n’étaient rien d’autre que des lignes symboliques qu’on traversait avec autant d’insouciance que le méridien de Greenwich.

C’est seulement après la guerre que le monde se vit bouleversé par le national-socialisme, et le premier phénomène qu’engendra cette épidémie spirituelle de notre siècle fut la xénophobie : la haine ou du moins la peur de l’autre. On se défendait partout contre l’étranger, partout on l’excluait. Toutes les humiliations qu’autrefois on avait inventées exclusivement contre les criminels, on les infligeait maintenant à tous les voyageurs avant et pendant le voyage. Il fallait se faire photographier de droite et de gauche, de profil et de face, les cheveux coupés assez court pour que l’oreille fût visible, il fallait donner ses empreintes digitales, d’abord le pouce seul, puis les dix doigts, il fallait en plus présenter des certificats : de santé, de vaccination, de police, de bonne vie et mœurs, des recommandations, il fallait pouvoir présenter des invitations et des adresses de parents, il fallait fournir des garanties morales et financières, remplir des formulaires et les signer en trois, quatre exemplaires, et s’il manquait ne fût-ce qu’une feuille de ce tas de paperasses, on était perdu.

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Sources :

https://www.familysearch.org/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Stefan_Zweig

http://www.stefanzweig.org

http://lireclassique.canalblog.com/archives/2018/02/18/35971086.html

https://www.huffingtonpost.fr/nicolas-bersihand/la-lettre-de-stefan-zweig-contre-le-nationalisme_b_4350877.html

 

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