#ChallengeAZ Les plumes de la Grande Guerre : Y comme Yvan

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Antoine Yvan est probablement un écrivain dont vous n’avez peut-être pas entendu parler. Pourtant, c’était un homme de lettres très en vue au tout début du XXe siècle. Il était à la fois écrivain, poète et dramaturge. Il était également attaché au cabinet du ministre des travaux publics.

Les origines

Antoine Eugène Louis YVAN est né le 28 octobre 1880 dans le 9ème arrondissement de Paris, de Henri Jacques Joseph Théodore Henri dit Théodore Henry, homme de lettres également, officier de la Légion d’honneur en 1900, et de Pauline Marie Victorine Magdeleine RAVE, sans profession.

 

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Acte de naissance d’Antoine YVAN, né le 28 octobre 1880 à Paris 9. Source : Archives de Paris, cote V4E 3577, vue 19/31

 

Antoine grandit à Paris avec sa famille composée de ses parents et ses trois sœurs plus jeunes.

Sa scolarité se déroule brillamment au collège Chaptal de Paris puis au Lycée Louis-Le-Grand où il obtient un prix d’excellence: le grand prix de littérature au Concours Général.

 

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Collège Chaptal (vers 1915). Source : https://www.reseau-canope.fr/

 

La service militaire

Antoine Yvan est logiquement de la classe 1900, mais il est ajourné en 1901 puis dispensé du service militaire selon l’article 23 car il est encore étudiant à la faculté. Il finit d’ailleurs par obtenir sa Licence de Lettres.

Il est incorporé au au 41e Régiment d’Infanterie qu’à partir du 14 novembre 1902. De soldat 2ème classe, il passe caporal en août 1903 et sergent en avril 1904. Après une période d’exercice de quelques mois, il passe dans la réserve en novembre 1904.

Il sera ensuite sous-lieutenant de réserve au Régiment d’Infanterie de Saint-Malo en novembre 1905 et lieutenant de réserve en février 1910.

 

Les débuts littéraires

Au cours de cette décennie, il commence à publier des poèmes, notamment Poèmes d’autrefois et d’aujourd’hui en 1902, Les Rendez-vous en 1907, une pièce de théâtre en 1909 intitulée Le jardin de Molière qui sera jouée à la Comédie Française, un roman L’homme seul et encore un opéra comique Mademoiselle Don Juan.

Entre-temps, Antoine YVAN fait la rencontre de Madeleine Geneviève Brault, la fille d’un industriel fort connu à l’époque et ancien juge au tribunal de commerce de la Seine,  avec laquelle en 1908 à Paris.

 

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L’Église Notre-Dame des Champs à Paris où a été célébrée le mariage religieux d’Antoine Yvan et de Madeleine Brault en 1908. Source photo : https://www.century21-assas-raspail-paris-6.com

De cette union naîtront deux enfants avant la Première Guerre mondiale.

Parallèlement, Antoine Yvan poursuit ses activités d’écriture et publie deux romans L’amie des jeunes et Les Gédéon mais également des pièces de théâtre telles que Le révolté, Mon ami l’assassin, Le testament de Scapin, Le petit Corot, L’île déserte.

 

La guerre

En août 1914, Antoine Yvan est mobilisé et comme beaucoup de ses concitoyens, il répond à l’appel avec beaucoup d’enthousiasme. Il rejoint le 247e Régiment d’Infanterie et en tant que lieutenant de réserve, il est affecté au commandement d’une compagnie.

Avec ses hommes, il combat dans la commune de Guincourt (Ardennes) contre des Allemands beaucoup mieux armés.

D’abord blessé à la main le 28 août 1914 dans le bois de la Marfée, il refuse d’être évacué et poursuit l’offensive. Il est tué finalement à la Cour du Roy le 30 août 1914.

Voilà ce que précise une citation à l’ordre de l’armée : « Au combat de la Cour-des-Rois, a pu, par une vigoureuse contre-attaque dégager sa compagnie encerclée. A été tué en entraînant ses hommes aux cris de: En avant! Vive la France! »

 

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Antoine Yvan en uniforme

 

Deux jours avant sa mort, il écrit à son père :

Espérons que tout continuera à aller. Embrassez maman, ma femme, mes petits. Milles baisers de votre fils.

Pour son engagement dans la guerre, Antoine YVAN sera décoré de la Croix de guerre.

 

J’ai rêvé cette étrange chose

Que j’étais bien aimé de vous.

Au milieu des branches de houx,

Tout petit dans sa gaine close,

Vous étiez un bouton de rose;

J’étais papillon, votre époux,

De toute la gent qui se pose,

Le plus léger et le plus roux.

Vous étiez mignonne épousée,

Nous buvions la même rosée,

Dans la main des feuilles le soir;

Dites, de vos lèvres pudiques,

Un petit mot d’amour pour voir

Si mes rêves sont véridiques.

Antoine Yvan, Poème d’Autrefois et d’aujourd’hui (1902)

 

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Sources :

http://archives.paris.fr

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

http://www.memorialgenweb.org/mobile/fr/complementter.php?id=5896093&largeur=1920&hauteur=1080

http://data.bnf.fr/12730630/antoine_yvan/

http://andrebourgeois.fr

Remerciements à Michel Alombert Goget pour les photos d’Antoine Yvan : https://www.geneanet.org/profil/alombert

 

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