25 septembre 2022

#TDFGenealogie : deux frères à Copenhague

Geneatech nous propose ce mois-ci d’accompagner le Tour de France 2022

  • soit en rédigeant un article en lien avec l’étape du jour
  • soit en indexant directement sur les sites des services d’archives qui se trouvent sur le tracé du Tour.

Les détails de ce nouveau défi généalogique sont donnés ici : https://geneatech.fr/blog/articles-indexations-participez-au-tour-de-france-2022

Je n’avais pas spécialement prévu d’y participer surtout après le défi #Genealogie30 du mois de juin. Et puis je me suis souvenue que les archives de la ville de Copenhague m’avaient apporté il y a quelques années une belle découverte généalogique.

Je vous emmène donc aujourd’hui sur le site https://kbharkiv.dk/ pour découvrir un fonds dans lequel je n’aurais jamais imaginé faire des recherches un jour : les registres de la police pour la période 1890-1923 dans lesquels tous les habitants de Copenhague âgés de plus de 10 ans sont recensés, les danois comme les étrangers.

Le site est en danois mais si vous passez la page consultée en français, vous verrez que tout est plutôt bien expliqué. J’utilise personnellement IM Translator pour passer la page entière en français, mais j’imagine que d’autres extensions de traduction proposent cette même fonctionnalité.

Myheritage a également indexé ce fonds et c’est d’ailleurs ce qui m’a mis sur la piste des archives danoises. Mais si vous ne possédez pas d’abonnement à Myheritage ou plus d’abonnement comme c’est mon cas, et que vous avez des ancêtres copenhagois ou que vous soupçonnez certains d’entre eux d’avoir résidé dans la capitale danoise quelques temps, sachez que vous pouvez faire une recherche nominative directement sur le site des archives de la ville. Gratuitement.

Il est possible de filtrer le terme recherché, ici sélectionnant Nom de famille :

Quels ancêtres, me direz-vous, ai-je bien pu dénicher à Copenhague ? En réalité aucun des miens, mais ceux de ma belle-famille et ce fut plutôt inattendu car même s’ils avaient beaucoup voyagé dans différents pays d’Europe de l’est avant de rejoindre l’ouest, il n’était guère probable avant cette découverte qu’ils eussent résidé à Copenhague.

Et pourtant.

Tout a commencé dans les années 1880 dans un village nommé Ovca au nord de Belgrade, qui appartenait à l’époque au Royaume de Hongrie, plus largement à l’Empire austro-hongrois aux frontières mouvantes. Sur la carte ci-dessous, Ovca se situe, si je ne me trompe pas, dans la zone « Confins militaires ».

Très sincèrement, je ne vous souhaite pas d’avoir des recherches à faire dans toute cette région 😉

Jacob et Franz ROSENFELD sont deux frères nés hongrois à Ovca, le premier en 1886 et le second en 1889.

Ci-dessous extraits des registres juifs d’OVCA :

  • l’acte de naissance de Jakab ROSENFELD le 19/01/1886 à Ovca
  • l’acte de naissance de Ferencz ROSENFELD le 28/08/1887 à Ovca

Leur père Lazar est originaire de Sisak, ville rattachée aujourd’hui à la Croatie, et leur mère Johanna POLLAK vient de Nagy Becskerek devenue Zrenjanin et située dans la province autonome du Voïvodine.

Jacob ROSENFELD (1886-1945)

Après être passé en 1904 par Seged en Hongrie où il a travaillé quelques temps dans une armurerie et très probablement par Budapest, Jacob a embarqué pour l’Allemagne. Puis depuis Hambourg, il a rejoint à Copenhague en 1906 pour y poser ses bagages pendant au minimum 2 années. Il y exerçait le métier de mécanicien.

https://kbharkiv.dk/permalink/post/17-574730

Sa fiche de police précise les différents lieux où il a habité durant son passage à Copenhague :

  • Vesterbrogade 69 chez la veuve Bjerregaard, à partir du 1er septembre 1906
  • Nansensgade 82, 2ème étage, chez Johansen, à partir du 4 mai 1907
  • Ravnsborggade 20 à partir du 20 décembre 1907

Malheureusement, cette fiche n’indique pas les liens éventuels entre ses hôtes et lui. Se connaissaient-ils avant qu’il n’arrive ? Ou étaient-ils de simples logeurs ? Où Jacob travaillait-il à l’époque ? Et plus globalement, pourquoi donc Copenhague ?

Franz ROSENFELD (1889-1967)

En 1903, Franz était apprenti fourreur à Budapest. Il n’avait alors que 13 ans et il y a fait ses armes jusqu’en 1907 avant de déménager pour Berlin pour commencer à travailler. C’est grâce à son dossier de naturalisation suisse que j’ai pu avoir connaissance de ces détails sur son parcours professionnel et sur sa grande mobilité géographique.

Ensuite, il a rejoint Copenhague probablement pour retrouver son frère Jacob installé là depuis 1906. Il n’y a résidé que quelques mois de janvier à juin 1908, il a été logiquement recensé comme fourreur. Là encore, il est dommage que son lieu de travail ne soit pas précisé.

Franz a occupé successivement deux logements dans la capitale danoise :

  • Ravnsborggade 20, 1er étage, chez Madame Jensine Caroline Ott, à partir du 21 janvier 1908. À la même adresse que son frère Jacob.
  • Antonigade 11, 2ème étage, chez Larsen, à partir du 1er avril 1908.

Franz a quitté Copenhague en juillet 1908, j’ai appris grâce à son dossier de naturalisation que c’était pour s’installer Bruxelles pendant deux ans.

Puis, à la demande de son entreprise bruxelloise, il a entrepris d’ouvrir une filiale à Paris en 1910. Mais son ambition l’a porté plus haut car en 1913, il s’est décidé à ouvrir son propre atelier de fourrure au 17 rue Saint-Marc à Paris. Franz s’était probablement associé à son autre frère, Adolphe ROSENFELD (1887-1966), également fourreur, que l’on trouve à la même adresse exactement dans le Répertoire général du commerce austro-allemand en France avant le 3 août 1914

La Première Guerre Mondiale vient mettre un coup d’arrêt à tous leurs plans. Ce qui survient à partir de 1914 dépasse très largement les frontières du Danemark qui reste tout de même le sujet du jour, mais cela pourrait faire l’objet de prochaines recherches, je n’ose pas encore dire de prochains articles pour l’instant 😉

Sources :

– Stadtsarchiv Zürich : Dossier de naturalisation de Franz ROSENFELD. Grand merci à PLL @mascarenhas974 !

Archives municipales de Copenhague

Synergia en Serbie

– Archives privées

Gallica

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Jourdavant

Généalogiste amateur originaire de l'île de la Réunion

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